"Alors que dans le cyclisme actuel, on crie de toutes parts haro sur les dopés il faudrait peut-ête parfois aussi prendre le temps du recul et de la réflexion... Non tous les champions ne sont pas des tricheurs, non tous les innocents ne seront pas des champions. Petit décryptage à l’usage des procureurs en herbe, parfois plus prompts à jeter le bébé avec l’eau du bain qu’à considérer honnêtement le talent d’un Monsieur.
Avec Aleksandr Vinokourov qui prend sa retraite c’est un peu du cyclisme de ces 10 dernières années qui tire sa révérence.
En effet, qu’a-t-on vu depuis la retraite d’Indurain? Ce "Roi Miguel" qui, d’ailleurs, aujoud’hui, n’apparait plus aussi inattaquable qu’avant... Quelques éphémères vainqueurs du Tour dans les années 1990... le septennat de Lance Armstrong dont on sait aujourd’hui qu’il n’était pas vierge de tous soupçons... et de nouveau des vainqueurs insignifiants en 2006 et 2007, dont l’histoire ne retiendra surement pas le nom, et de toutes façons il faudrait déjà pour cela que l’on sache exactement qui a gagné le Tour 2006, passe encore pour 2007 où l’on se contentera de Contador...
De fait, s’il est un personnage marquant de ces années 1996-2007, un champion fédérateur qui a su faire rêver, que dis-je, faire chavirer les foules, c’est bien celui que l’on surnommait affectueusement "Vino". Au pays des grands vins, ce Vino là a rapidement été adopté: un grand cru. La première cuvée fut tirée en 1998. Cette année là Johnny remplissait le Stade de France et le jeune Aleksandr, frais émoulu professionnel estampillé Casino étrennait ses galons sur les routes du plus beau pays du monde. C’est ainsi que le plus francophone des kazakhs devint le cycliste qui personnifia le mieux le panache "à la française" comme tant de grands noms l’avaient fait avant lui: les Hinault, les Fignon, les Jalabert... et même un Pascal Lino, un Luc Leblanc ou un Thomas Voeckler aujourd’hui se reconnaissent dans les attitudes du fier kazakh.
Homme blessé par la vie, qui a vu mourir son presque frère Andrei Kivilev sur les routes d’un Paris-Nice de sinistre mémoire, l’ombrageux Aleksandr, déraciné de son Asie centrale dès sa prime jeunesse, était un peu le chef de clan des kazakhs du circuit... cette petite famille, car c’en était une!, rassemblée autour de son leader, avait indéniablement de nombreux traits de personnalité attachants. On passera sur les errances de garçons comme Kascheschkin ou la discrétion du gregario Bazayev pour ne retenir que le panache de celui qui avait su conquérir le coeur des Français grâce à des échappées au long cours sur les routes de France.
Doit on alors juger coupable pour une erreur de fin de carrière celui qui avait su tant donner à la patrie de Poulidor, au point même de rivaliser avec le Grand Richard Virenque dans le coeur des Français?? En effet le natif de Petropavlovsk était plus qu’un simple sportif dopé comme il en existe malheureusement tant d’autres, et dans d’autres disciplines!! Plus qu’un coureur d’un jour, c’était un coureur d’un Tour... qu’il ne remportera jamais. On se souviendra longtemps du Tour du Centenaire de 2003, où celui qui n’était pas encore l’épouvantail que tant redoutaient au départ du Tour 2007 avait tellement fait frémir les costauds Ullrich et Amrstrong et avait redonné du piment à un duel qui n’en avait que le nom et que d’aucuns considéraient même comme l’alpha et l’oméga du cyclisme moderne. Vino apportait ce vent de fraîcheur et sa descente victorieuse sur Gap, au soir de la 9e étape durant laquelle il mata les pentes des Alpes du Sud lui vaudra pour longtemps l’estime et le respect de tout un peuple.
On passera rapidement sur la suite de son palmarès (long comme un jour sans pain...) pour ne retenir que - et ne vivre que pour - le meilleur... ses 5 victoires d’étapes sur le Tour valent à nos yeux chauvins bien plus que tous les châteaux du tour d’Espagne (gagné en 2006, pour l’anecdote) et que les mornes plaines de l’Amstel Gold Race (faite sienne en 2003, millésime qui fut décidément un grand cru pour «Le Vino»)
De ces considérations, nous ne retiendrons finalement qu’une chose: fier kazakh, nous t’aimons, nous te respectons pour ce que tu as fait et ce que tu as apporté au cyclisme. Tu n’as pas toujours été un ange ou un cycliste modèle mais tu as su faire rêver les hommes et les femmes du Pays des Droits de l’Homme (n’en déplaise à Nicolas et Mouammar...), toi qui venais de loin, de là ou on a longtemps rêvé de ces droits là. Entre un aimable pusillanime et un champion nous ayant fait entrevoir des paradis, fussent-ils artificiels, nos cœurs balanceraient-ils encore? Le lecteur jugera sans peine..."
Source : http://www.sportvox.fr/



ASTANA (Reuters) - Alexandre Vinokourov a accusé samedi les responsables du cyclisme de violer les droits de l'homme et a rappelé son intention de démontrer son innocence en dépit d'un contrôle antidopage positif sur le Tour de France.

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